Pour faire avancer les intérêts du clan Salman, le prince Mohamed, que certains, souvent arabophones, décrivent comme extrêmement chaleureux, et d'autres, souvent étrangers, comme froid et brutal, impose progressivement ses réseaux. Il s'entoure d'hommes proches du clan depuis longtemps, à l'instar du consultant hispano-saoudien Mohamed Eyad Kayali ou de son directeur de cabinet Fahd bin Mohammed al-Essa.

Mohamed bin Salman fait aussi des familles acquises à son clan les nouveaux partenaires incontournables du business dans le royaume. La famille Al-Zamil, propriétaire du Zamil Group, émerge de plus en plus comme l'interlocuteur clé des entreprises occidentales en Arabie Saoudite. De même, le groupe Almabani General Contractors, dirigé par le Libanais Nehmé Tohmé, ainsi que Nesma, le conglomérat de Saleh Ali al-Turki, se placent en première ligne des grands contrats.

Le prince travaille aussi à faire prospérer les finances de sa famille, laissant ses frères Faisal bin Salman et Turki bin Salman, qui contrôlent les fonds Jadwa Investment et Tharawat Holding, développer le champ d'influence de leurs sociétés. Pour sa part, Faisal contrôlerait encore partiellement le plus grand groupe de média d'Arabie Saoudite, Saudi Research and Marketing Group (SRMG).

Mohamed bin Salman cherche également à satisfaire ses propres ambitions politiques et sociales. Afin de soigner son image, il a ainsi créé en 2011 la fondation MiSK, qui s'est donné pour objectif de venir en aide à la jeunesse saoudienne. Signe de l'influence du prince, la fondation a pu établir des partenariats avec l'université de Harvard et le Boston Consulting Group.

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